Inscrite dans la Constitution en 1982, la Charte canadienne des droits et libertés garantit les libertés fondamentales : conscience et religion ; pensée, croyance, opinion et expression ; réunion pacifique ; association. Elle protège aussi la liberté de circulation et d’établissement, l’égalité du français et de l’anglais et les droits des peuples autochtones, et reconnaît le multiculturalisme.
FondementsD’où viennent nos droits
Le droit canadien puise à plusieurs sources : le code civil de la France, la common law britannique, les lois votées par le Parlement et par les assemblées législatives des provinces et la tradition constitutionnelle non écrite reçue de la Grande-Bretagne. Ensemble, ces règles protègent une tradition de liberté ordonnée longue de 800 ans.
La Magna Carta, ou Grande Charte des libertés, est signée en Angleterre, marquant le début de la tradition de liberté ordonnée.
L’habeas corpus — la possibilité de contester devant un tribunal une détention imposée illégalement par l’État — nous vient de la common law britannique.
La Constitution du Canada est modifiée pour y inscrire la Charte canadienne des droits et libertés ; la reine Elizabeth II proclame la Constitution modifiée à Ottawa.
Si l’on vous demande deux documents clés qui renferment nos droits et libertés, répondez la Magna Carta (1215) et la Charte canadienne des droits et libertés (1982).
LibertésLes quatre libertés fondamentales
La tradition amorcée avec la Magna Carta garantit à chaque Canadien quatre libertés fondamentales. Soyez prêt à les nommer toutes les quatre.
À retenir
- La liberté de conscience et de religion
- La liberté de pensée et de croyance, d’opinion et d’expression — qui englobe la parole et la presse
- La liberté de réunion pacifique
- La liberté d’association
1982La Charte des droits et libertés
La Charte a été inscrite dans la Constitution en 1982. Ses premiers mots : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». Cette phrase rappelle la place des traditions religieuses dans la société canadienne, de même que la dignité et la valeur propres à chaque personne.
La Charte reprend les libertés fondamentales, puis y ajoute d’autres droits. Voici les quatre qu’il faut connaître :
Quatre droits de la Charte
- La liberté de circulation et d’établissement — vivre et travailler dans n’importe quelle région du Canada, quitter le pays et y revenir librement, demander un passeport
- Les droits des peuples autochtones — rien dans la Charte ne diminue les droits et libertés, issus de traités ou autres, des peuples autochtones
- Les droits relatifs aux langues officielles, ainsi que les droits à l’enseignement dans la langue de la minorité — anglais et français sont à égalité au Parlement comme dans tout l’appareil gouvernemental
- Le multiculturalisme — un trait fondamental du patrimoine et de l’identité du Canada ; les Canadiens apprécient de vivre ensemble, respectent le pluralisme et recherchent l’harmonie
ÉgalitéÉgalité entre les femmes et les hommes
Devant la loi, hommes et femmes sont sur un pied d’égalité au Canada. L’ouverture du pays s’arrête là où commencent les pratiques culturelles barbares : mariage forcé, mutilation sexuelle des femmes, violence conjugale, « meurtres d’honneur » et toute autre violence fondée sur le sexe. Quiconque s’en rend coupable est sévèrement puni par le droit pénal canadien.
DevoirsSix responsabilités liées à la citoyenneté
Au Canada, les droits vont de pair avec des responsabilités. La primauté du droit est l’un des principes fondateurs du pays : les individus comme les gouvernements obéissent à des lois plutôt qu’à des décisions arbitraires, et nul — ni personne ni groupe — ne se place au-dessus des lois.
À retenir
- Respecter les lois
- Subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille — avoir un emploi, veiller sur les siens et travailler fort à la mesure de ses aptitudes ; le travail procure dignité personnelle et estime de soi et nourrit la prospérité du Canada
- Faire partie d’un jury — la loi l’exige quand on vous le demande ; c’est un privilège, car le système judiciaire repose sur des jurys impartiaux formés de citoyens
- Voter aux élections — le droit de vote entraîne le devoir de voter à chaque palier : fédéral, provincial ou territorial, et local
- Aider les membres de sa communauté — des millions de personnes font du bénévolat sans rémunération : dans une banque alimentaire ou un autre organisme de bienfaisance, à l’école de leur enfant, auprès de gens dans le besoin ou de nouveaux arrivants ; le bénévolat apporte des compétences, des amis et des relations
- Protéger notre patrimoine et notre environnement — éviter le gaspillage et la pollution, et transmettre aux générations suivantes le patrimoine naturel, culturel et architectural du Canada
ServiceDéfendre le Canada
Aucun service militaire n’est imposé au Canada. Servir dans les Forces canadiennes régulières — la Marine, l’Armée de terre ainsi que la Force aérienne — est néanmoins présenté comme une noble façon de contribuer et un excellent choix de carrière.
Le service à temps partiel dans la Milice locale ou la Réserve navale ou aérienne apporte expérience, compétences et relations, et les jeunes acquièrent discipline, sens des responsabilités et compétences dans les Cadets. On peut aussi protéger sa communauté au sein de la Garde côtière ou d’un service d’urgence comme les pompiers ou la police, dans les pas des Canadiens qui, avant vous, ont fait des sacrifices pour le pays.
Questions d’examen sur ce sujet
D’où proviennent les droits et responsabilités des citoyens canadiens ?
Pourquoi : Droits et devoirs accompagnent chaque citoyen canadien. Ils sont hérités du passé, garantis par le droit canadien, et portent les traditions, l’identité et les valeurs que partagent les Canadiens.
Lequel des éléments suivants n’est PAS une source du droit canadien ?
Pourquoi : Le droit canadien puise à plusieurs sources : les lois votées par le Parlement et par les assemblées législatives des provinces, la common law britannique, le code civil français et une tradition constitutionnelle non écrite reçue de la Grande-Bretagne.
La tradition canadienne de liberté ordonnée remonte à la signature de quel document, en 1215, en Angleterre ?
Pourquoi : Ensemble, les sources du droit canadien perpétuent une tradition de liberté ordonnée longue de 800 ans, dont le point de départ est la Magna Carta — la Grande Charte des libertés — signée en Angleterre en 1215.
Sous quel autre nom la Magna Carta est-elle connue ?
Pourquoi : La Magna Carta, signée en Angleterre en 1215, porte aussi le nom de Grande Charte des libertés.
Quel âge attribue-t-on à la tradition canadienne de liberté ordonnée ?
Pourquoi : La tradition de liberté ordonnée a 800 ans : elle remonte à la Magna Carta de 1215.
Laquelle des libertés suivantes fait partie des quatre libertés fondamentales dont jouissent les Canadiens ?
Pourquoi : Quatre libertés fondamentales sont énumérées : conscience et religion ; pensée, croyance, opinion et expression, qui englobe la parole et la presse ; réunion pacifique ; association.
La liberté de pensée et de croyance, d’opinion et d’expression comprend laquelle des libertés suivantes ?
Pourquoi : La liberté de pensée et de croyance, d’opinion et d’expression couvre à la fois la parole et la presse. Entrer au pays et en sortir, comme détenir un passeport, relèvent de la liberté de circulation et d’établissement ; la protection contre une détention illégale, c’est l’habeas corpus.
La liberté de réunion pacifique fait partie des libertés fondamentales au Canada.
Pourquoi : La réunion pacifique et l’association forment, avec la conscience et la religion, puis la pensée, la croyance, l’opinion et l’expression, les quatre libertés fondamentales.
Qu’est-ce que l’habeas corpus ?
Pourquoi : L’habeas corpus — la possibilité de contester devant un tribunal une détention imposée illégalement par l’État — nous vient de la common law britannique.
De quelle source juridique l’habeas corpus est-il issu ?
Pourquoi : Le droit de contester une détention illégale, appelé habeas corpus, est hérité de la common law britannique.
En quelle année la Charte canadienne des droits et libertés a-t-elle été inscrite dans la Constitution du Canada ?
Pourquoi : Une modification de 1982 a inscrit la Charte canadienne des droits et libertés dans la Constitution ; la reine Elizabeth II a proclamé la Constitution modifiée à Ottawa la même année.
Par quels mots commence la Charte canadienne des droits et libertés ?
Pourquoi : La Charte s’ouvre sur ces mots : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ».
Que garantit aux Canadiens la liberté de circulation et d’établissement ?
Pourquoi : La liberté de circulation et d’établissement permet à un Canadien de s’installer et de travailler dans n’importe quelle région du pays, de quitter le Canada et d’y revenir à son gré, et de demander un passeport.
Quel statut le français et l’anglais ont-ils en vertu des droits relatifs aux langues officielles ?
Pourquoi : Les droits linguistiques de la Charte — langues officielles et instruction dans la langue minoritaire — placent le français et l’anglais sur un pied d’égalité au Parlement comme dans tout l’appareil gouvernemental.
Le multiculturalisme est décrit comme une caractéristique fondamentale du patrimoine et de l’identité du Canada.
Pourquoi : Le multiculturalisme compte parmi les traits fondamentaux de l’identité et du patrimoine du pays : les Canadiens tiennent à vivre ensemble, à respecter le pluralisme et à faire régner l’harmonie.
Au Canada, quel est le statut juridique des hommes et des femmes ?
Pourquoi : Le droit canadien traite hommes et femmes en égaux. L’ouverture et la générosité du pays ne s’étendent pas aux pratiques qui tolèrent la violence fondée sur le sexe : le droit pénal les réprime sévèrement.
Comment le Canada traite-t-il les pratiques culturelles barbares telles que les « meurtres d’honneur », les mariages forcés et d’autres violences fondées sur le sexe ?
Pourquoi : L’ouverture et la générosité du pays s’arrêtent là où commencent les pratiques culturelles barbares : mariage forcé, mutilation sexuelle des femmes, violence conjugale, « meurtres d’honneur » et toute autre violence fondée sur le sexe. Le droit pénal canadien réprime sévèrement quiconque s’en rend coupable.
Quel principe veut que les individus comme les gouvernements soient soumis à des lois plutôt qu’à des décisions arbitraires, et que nul ne se place au-dessus d’elles ?
Pourquoi : La primauté du droit est l’un des principes qui ont fondé le Canada : individus et gouvernements obéissent à des lois plutôt qu’à des décisions arbitraires, et ni une personne ni un groupe ne se place au-dessus d’elles.
Lorsqu’on vous demande de faire partie d’un jury au Canada, quelle est votre obligation ?
Pourquoi : Répondre à une convocation comme juré est une obligation légale. C’est aussi un privilège : sans jurys impartiaux composés de citoyens, le système judiciaire ne pourrait pas fonctionner correctement.
Laquelle des responsabilités suivantes est liée à la citoyenneté canadienne ?
Pourquoi : Le droit de voter s’accompagne du devoir de l’exercer, aux paliers fédéral, provincial ou territorial, et local.
Quelle activité est présentée comme un bon moyen d’acquérir des compétences utiles, de se faire des amis et de nouer des relations ?
Pourquoi : Des millions de personnes donnent bénévolement de leur temps : elles épaulent des gens dans le besoin, donnent un coup de main à l’école de leur enfant, servent dans une banque alimentaire ou un organisme de bienfaisance, ou aident les nouveaux arrivants à s’établir. Le bénévolat fait acquérir des compétences utiles et permet de nouer des amitiés et des relations.
Protéger notre patrimoine et notre environnement est décrit comme une responsabilité partagée par tous les citoyens.
Pourquoi : Chaque citoyen a le devoir d’éviter le gaspillage et la pollution, et de transmettre aux générations suivantes un patrimoine naturel, culturel et architectural préservé.
Le service militaire est-il obligatoire au Canada ?
Pourquoi : Aucun service militaire n’est imposé au Canada. Servir dans les Forces canadiennes régulières — Marine, Armée de terre, Force aérienne — reste toutefois une belle façon de contribuer au pays, en même temps qu’une carrière de valeur.
Les Forces canadiennes régulières se composent de quels trois éléments ?
Pourquoi : Les Forces canadiennes régulières comprennent la Marine, l’Armée de terre ainsi que la Force aérienne.
Comment les jeunes peuvent-ils acquérir discipline, sens des responsabilités et compétences ?
Pourquoi : S’engager dans les Cadets permet aux jeunes d’acquérir discipline, sens des responsabilités et compétences concrètes.
Outre les Forces canadiennes, dans lequel des services suivants pouvez-vous œuvrer pour aider à protéger votre communauté ?
Pourquoi : On peut aussi servir dans la Garde côtière ou dans un service d’urgence local — police, pompiers. Protéger sa communauté, c’est marcher dans les pas des Canadiens qui ont consenti des sacrifices avant nous.
Subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille est considéré comme une valeur canadienne importante.
Pourquoi : Occuper un emploi, veiller sur les siens et travailler fort à la mesure de ses aptitudes comptent beaucoup au Canada. Le travail procure dignité et estime de soi, tout en nourrissant la prospérité collective.
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