Sujet de l’examen de citoyenneté

Qu’est-ce que le gouvernement responsable au Canada ?

Source : « Découvrir le Canada » (IRCC)

Le gouvernement responsable exige que les ministres de la Couronne aient la confiance de la majorité des représentants élus ; un gouvernement battu sur un vote de confiance doit se retirer. Lord Durham l’a préconisé après les rébellions de 1837-1838. La Nouvelle-Écosse l’a obtenu la première, en 1847-1848, et lord Elgin l’a instauré au Canada-Uni en 1848-1849.

1604 – 1759La Nouvelle-France royale et la lutte pour un continent

La première colonie européenne au nord de la Floride date de 1604, quand Pierre de Monts et Samuel de Champlain implantent une colonie française — d’abord sur l’île Sainte-Croix, aujourd’hui rattachée au Maine, puis à Port-Royal, en Acadie (la Nouvelle-Écosse actuelle). Champlain fortifie ensuite l’emplacement de la ville de Québec en 1608 ; le climat rigoureux rend la vie dure aux colons.

Les alliés de Champlain sont les Algonquins, les Montagnais et les Hurons. Leurs ennemis de longue date, les Iroquois — une confédération de cinq (puis six) Premières Nations —, combattent les établissements français pendant cent ans, jusqu’à la paix de 1701. Français et Autochtones sont partenaires d’une immense traite des fourrures, née de l’appétit européen pour les peaux de castor. Sous des chefs de la trempe de Jean Talon, de Monseigneur de Laval et du comte de Frontenac, l’empire français d’Amérique du Nord finit par s’étendre depuis la baie d’Hudson jusqu’au golfe du Mexique. Sommé de livrer Québec aux Anglais en 1690, Frontenac répond : « Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons… » Autre héros de l’époque, Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville, bat les Anglais à répétition, de la baie James, au nord, jusqu’à Nevis, dans les Caraïbes.

Le roi Charles II d’Angleterre dote en 1670 la Compagnie de la Baie d’Hudson d’une charte et d’un monopole commercial sur tous les cours d’eau qui se jettent dans la baie d’Hudson. Les négociants de Montréal seront ses rivaux pendant les 100 années suivantes. Les intrépides hommes de canot de la traite, voyageurs et coureurs des bois, nouent de solides alliances avec les Premières Nations.

Les colonies anglaises du littoral atlantique, fondées au début des années 1600, finissent par dépasser la Nouvelle-France en richesse et en population, et le XVIIIe siècle voit la France et la Grande-Bretagne se disputer le continent par les armes. Le coup décisif tombe en 1759 sur les plaines d’Abraham, à Québec : une victoire britannique qui met fin à l’Empire français en Amérique. Aucun des deux commandants n’y survit : le marquis de Montcalm et le brigadier James Wolfe tombent tous deux en menant leurs hommes.

1604

De Monts et Champlain s’installent à l’île Sainte-Croix, puis à Port-Royal.

1608

Champlain bâtit une forteresse à Québec.

1670

Charles II dote la Compagnie de la Baie d’Hudson d’une charte.

1690

Frontenac refuse de livrer Québec.

1701

Paix entre les Français et les Iroquois.

1759

Wolfe et Montcalm meurent sur les plaines d’Abraham ; la Nouvelle-France tombe.

1812 – 1814La guerre de 1812

Une fois la flotte de Napoléon Bonaparte détruite par la Royal Navy à Trafalgar (1805), la Grande-Bretagne règne sur les mers et se sert de cette puissance dans sa lutte contre Napoléon. La marine marchande américaine souffre de l’ingérence britannique, et le ressentiment grandit. Convaincus que le Canada sera une conquête facile, les États-Unis envahissent en juin 1812 — et se trompent, car des volontaires canadiens et des Premières Nations (dont des Shawnees menés par le chef Tecumseh) combattent aux côtés des réguliers britanniques.

Le major-général sir Isaac Brock prend Detroit en juillet 1812 mais meurt à Queenston Heights, près de Niagara Falls, en repoussant une attaque que les Américains finiront par perdre. 1813 est une année chargée : le lieutenant-colonel Charles de Salaberry, avec 460 soldats pour la plupart canadiens-français, refoule 4 000 envahisseurs à Châteauguay, au sud de Montréal ; Laura Secord marche 19 milles (30 km) pour prévenir le lieutenant James FitzGibbon d’une attaque imminente, contribuant à la victoire de Beaver Dams ; la frégate HMS Shannon ramène à Halifax l’USS Chesapeake capturé ; et les troupes américaines incendient la résidence du gouverneur et les édifices du Parlement à York (Toronto). Le major-général Robert Ross riposte en 1814 en partant de Nouvelle-Écosse pour brûler la Maison-Blanche et d’autres bâtiments publics de Washington ; tué au combat peu après, il est inhumé à Halifax avec tous les honneurs militaires.

En 1814, la tentative américaine de conquérir le Canada a échoué. La Grande-Bretagne finance alors de coûteuses défenses — Fort Henry à Kingston, la cale sèche de Halifax et les citadelles de Halifax et de Québec —, toutes devenues des sites historiques très visités. Le tracé actuel de la frontière canado-américaine découle en partie de cette guerre, qui a tenu le Canada hors des mains américaines. Le duc de Wellington, vainqueur de Napoléon en 1815, avait envoyé certains de ses meilleurs soldats au Canada en 1814 ; il choisit plus tard Bytown (Ottawa) comme point d’aboutissement du canal Rideau, maillon d’une chaîne de forts contre une nouvelle invasion — ce qui lui donne une part directe dans la naissance de la capitale nationale.

1805

Trafalgar : la Royal Navy règne sur les mers.

juin 1812

Les États-Unis envahissent le Canada.

juill. 1812

Brock prend Detroit ; tué plus tard à Queenston Heights.

1813

Châteauguay (de Salaberry) ; Beaver Dams (Laura Secord) ; les Américains brûlent York.

1814

Ross brûle la Maison-Blanche ; l’invasion a échoué.

Questions d’examen sur ce sujet

Comment appelait-on les francophones catholiques de la Province de Québec ?
Réponse : Les habitants ou les Canadiens

Pourquoi : La guerre finie, la Grande-Bretagne baptise la colonie « Province de Québec ». Les catholiques de langue française — que l’on nomme habitants ou Canadiens — s’emploient à sauvegarder leur mode de vie dans un empire britannique anglophone et dirigé par des protestants.

En quelle année le Parlement britannique a-t-il adopté l’Acte de Québec, l’un des fondements constitutionnels du Canada ?
Réponse : 1774

Pourquoi : Pour mieux gouverner une majorité catholique romaine et francophone, Westminster vote en 1774 l’Acte de Québec. Ce texte, l’une des assises constitutionnelles du pays, ajuste les principes des institutions britanniques aux réalités de la province.

Qu’a fait l’Acte de Québec de 1774 en ce qui concerne le droit dans la province ?
Réponse : Il a rétabli le droit civil français tout en maintenant le droit criminel britannique

Pourquoi : Le texte reconnaît aux catholiques la liberté de religion et l’accès aux charges publiques — ce que la Grande-Bretagne elle-même leur refusait alors. Il rétablit par ailleurs le droit français en matière civile, le droit anglais continuant de régir le criminel.

L’Acte de Québec accordait la liberté religieuse aux catholiques et leur permettait d’exercer des fonctions officielles, une pratique alors non autorisée en Grande-Bretagne.
Réponse : Vrai

Pourquoi : L’Acte de Québec reconnaît aux catholiques la liberté de religion et l’accès aux charges publiques, ce que la Grande-Bretagne elle-même leur refusait alors.

Combien de personnes fidèles à la Couronne, appelées « loyalistes », ont fui la Révolution américaine pour s’installer au Québec et en Nouvelle-Écosse ?
Réponse : Plus de 40 000

Pourquoi : Fuyant l’oppression de la Révolution américaine, plus de 40 000 partisans de la Couronne — les « loyalistes » — viennent s’installer au Québec et en Nouvelle-Écosse. Joseph Brant amène avec lui au Canada des milliers de Mohawks loyalistes.

Quel chef a amené au Canada des milliers de Mohawks loyalistes ?
Réponse : Joseph Brant

Pourquoi : Joseph Brant amène au Canada des milliers de Mohawks loyalistes.

En 1792, des Néo-Écossais noirs à qui l’on avait attribué des terres stériles sont partis fonder quelle colonie britannique d’esclaves affranchis en Afrique de l’Ouest ?
Réponse : Freetown, en Sierra Leone

Pourquoi : Environ 3 000 loyalistes noirs, esclaves ou affranchis, montent vers le nord en quête d’une vie meilleure. Certains Néo-Écossais noirs, à qui l’on avait attribué des terres stériles, repartent en 1792 pour l’Afrique de l’Ouest et y fondent Freetown, en Sierra Leone, nouvelle colonie britannique destinée aux esclaves affranchis.

Qui, à titre de gouverneur du Québec, a défendu les droits des Canadiens, repoussé une invasion militaire américaine de Québec en 1775 et supervisé la migration des loyalistes ?
Réponse : Sir Guy Carleton (lord Dorchester)

Pourquoi : Gouverneur du Québec, sir Guy Carleton — lord Dorchester — a pris la défense des droits des Canadiens, repoussé l’assaut américain sur Québec en 1775 et encadré l’arrivée des loyalistes en Nouvelle-Écosse et au Québec en 1782-1783.

Où la première assemblée de représentants au Canada a-t-elle été élue, en 1758 ?
Réponse : Halifax, en Nouvelle-Écosse

Pourquoi : Les institutions démocratiques s’installent peu à peu, et sans violence. Halifax, en Nouvelle-Écosse, élit la première assemblée de représentants en 1758 ; l’Île-du-Prince-Édouard suivra en 1773, le Nouveau-Brunswick en 1785.

En quoi l’Acte constitutionnel de 1791 a-t-il divisé la Province de Québec ?
Réponse : En Haut-Canada et Bas-Canada

Pourquoi : L’Acte constitutionnel de 1791 scinde la Province de Québec en deux : le Haut-Canada, l’Ontario d’aujourd’hui, majoritairement loyaliste, protestant et de langue anglaise ; le Bas-Canada, le Québec actuel, surtout catholique et de langue française.

Le Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario) était surtout catholique et francophone.
Réponse : Faux

Pourquoi : Le Haut-Canada, l’Ontario d’aujourd’hui, était majoritairement loyaliste, protestant et de langue anglaise.

Comment appelait-on collectivement les colonies de l’Atlantique et les deux Canadas ?
Réponse : L’Amérique du Nord britannique

Pourquoi : Le nom Canada devient dès lors officiel et ne sera plus abandonné. On désigne collectivement les deux Canadas et les colonies de l’Atlantique sous l’appellation d’« Amérique du Nord britannique ».

Quel réformateur anglais, envoyé enquêter sur les rébellions de 1837 et 1838, a préconisé la fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada assortie d’un gouvernement responsable ?
Réponse : Lord Durham

Pourquoi : Envoyé enquêter sur les rébellions, le réformateur anglais lord Durham préconise de fondre le Haut-Canada et le Bas-Canada en une seule entité dotée d’un gouvernement responsable — c’est-à-dire de ministres de la Couronne tenus, pour gouverner, de rallier la majorité des élus.

Que signifie le gouvernement responsable, tel que recommandé par lord Durham ?
Réponse : Les ministres de la Couronne doivent rallier la majorité des élus pour gouverner

Pourquoi : Un gouvernement responsable suppose des ministres de la Couronne tenus, pour gouverner, de rallier la majorité des élus.

Lord Durham a recommandé que les Canadiens français préservent l’identité distincte du Canada français.
Réponse : Faux

Pourquoi : Lord Durham ajoute, non sans susciter la controverse, que les Canadiens français progresseraient plus vite en se fondant dans la culture protestante anglophone. La proposition trahit une méconnaissance complète d’un peuple attaché à préserver l’identité propre du Canada français.

En quelle année le Haut-Canada et le Bas-Canada ont-ils été réunis pour former la Province du Canada ?
Réponse : 1840

Pourquoi : Le Haut-Canada et le Bas-Canada fusionnent en 1840 : c’est la Province du Canada. Des réformateurs — sir Louis-Hippolyte La Fontaine, Robert Baldwin, et Joseph Howe en Nouvelle-Écosse — travaillent alors avec les gouverneurs britanniques à l’instauration d’un gouvernement responsable.

Quelle colonie de l’Amérique du Nord britannique a la première obtenu un gouvernement pleinement responsable, en 1847-1848 ?
Réponse : La Nouvelle-Écosse

Pourquoi : C’est la Nouvelle-Écosse qui, en 1847-1848, obtient la première un gouvernement pleinement responsable. Encouragé par Londres, lord Elgin, gouverneur du Canada-Uni, en instaure un à son tour en 1848-1849.

Quel champion de la démocratie et des droits linguistiques des francophones a dirigé le premier gouvernement responsable des Canadas ?
Réponse : Sir Louis-Hippolyte La Fontaine

Pourquoi : Champion de la démocratie et des droits linguistiques des francophones, La Fontaine prend la tête du premier gouvernement responsable qu’aient connu les Canadas.

Sous le régime du gouvernement responsable, que doit faire le gouvernement s’il est battu lors d’un vote de confiance à l’assemblée ?
Réponse : Démissionner

Pourquoi : Ce mécanisme est encore le nôtre : un gouvernement qui perd la confiance de l’assemblée lors d’un vote doit se retirer.

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