L’histoire du Canada commence avec les peuples autochtones, présents dans toutes les régions, puis traverse l’essor et la chute de la Nouvelle-France, le régime britannique et la lente venue de la démocratie, la naissance du Dominion du Canada le 1er juillet 1867, l’ouverture de l’Ouest par le rail et les deux guerres mondiales qui ont fait du Canada une nation à part entière. C’est le plus gros chapitre de l’examen : noms, batailles et dates en forment la charpente, alors repassez les chronologies jusqu’à ce que l’ordre des événements vous soit devenu naturel.
Le chapitre en un coup d’œilLa grande chronologie
S’il ne fallait retenir qu’une chose, ce serait cette suite de dates. Chaque autre section de ce résumé se rattache à l’une d’elles.
Des Vikings venus d’Islande atteignent le Labrador et Terre-Neuve (l’Anse aux Meadows).
Jean Cabot dresse la carte de la côte atlantique et revendique la « terre neuve » pour l’Angleterre.
Les trois voyages de Jacques Cartier ; le mot kanata devient Canada.
Port-Royal — première colonie européenne au nord de la Floride.
Champlain fortifie l’emplacement de la ville de Québec.
La Compagnie de la Baie d’Hudson reçoit sa charte du roi Charles II.
Plaines d’Abraham : fin de l’Empire français en Amérique.
Acte de Québec — un des fondements constitutionnels du Canada.
Les 13 colonies proclament leur indépendance ; les loyalistes fuient vers le nord.
Acte constitutionnel : Haut-Canada et Bas-Canada, assemblées élues.
Guerre de 1812 ; l’invasion américaine échoue.
Rébellions dans le Haut-Canada et le Bas-Canada.
Union des deux Canadas en une seule Province du Canada.
Gouvernement responsable — d’abord en Nouvelle-Écosse, puis au Canada-Uni.
Acte de l’Amérique du Nord britannique ; le Dominion du Canada naît le 1er juillet.
Les deux soulèvements de Louis Riel ; création du Manitoba ; exécution de Riel.
Dernier crampon du CFCP, le 7 novembre.
Première Guerre mondiale ; crête de Vimy en 1917 ; Armistice du 11 novembre 1918.
Grande Dépression ; Banque du Canada en 1934.
Seconde Guerre mondiale ; jour J le 6 juin 1944 ; l’Allemagne capitule le 8 mai, le Japon le 14 août 1945.
Avant le contactLes peuples autochtones
Chaque région du Canada était déjà habitée quand les Européens sont arrivés. Les nouveaux venus ont appelé ses habitants Indiens, un nom qui est resté parce que les premiers explorateurs se croyaient parvenus aux Indes orientales. Tous ces peuples tiraient leur subsistance de la terre — les uns par la chasse et la cueillette, les autres par la culture.
À retenir
- Hurons-Wendats (Grands Lacs), comme les Iroquois : agriculteurs et chasseurs.
- Cris et Dénés (Nord-Ouest) : chasseurs-cueilleurs.
- Sioux : nomades qui suivaient les troupeaux de bisons.
- Inuits : vivaient de la faune arctique.
- Peuples de la côte Ouest : conservaient le poisson en le séchant et en le fumant.
Les affrontements entre groupes autochtones étaient fréquents ; territoire, ressources et prestige étaient tous disputés. L’arrivée des colons, soldats, missionnaires et négociants européens a bouleversé pour de bon la vie autochtone, et les maladies européennes, contre lesquelles les Autochtones n’avaient aucune immunité, en ont emporté un grand nombre. Pourtant, au cours des 200 premières années de vie côte à côte, les deux groupes ont aussi noué des liens économiques, religieux et militaires solides — et c’est sur ces liens que repose le Canada.
~1000 – années 1550Les premiers Européens
Il y a environ 1 000 ans, des Vikings d’Islande installés au Groenland ont poussé jusqu’au Labrador et à l’île de Terre-Neuve. Leur établissement de l’Anse aux Meadows subsiste comme site du patrimoine mondial. L’exploration proprement dite commence en 1497 avec Jean Cabot, un Italien émigré en Angleterre : il dresse la première carte de la côte Est du Canada, touche terre à Terre-Neuve ou au Cap-Breton et revendique la « terre neuve » pour l’Angleterre. Les Anglais ne s’y établiront pourtant qu’en 1610.
Jacques Cartier traverse trois fois l’Atlantique entre 1534 et 1542 et revendique le territoire pour le roi de France, François Ier. Aucun Européen avant lui n’avait exploré le fleuve Saint-Laurent ni vu les emplacements de Québec et de Montréal. Deux guides capturés emploient devant lui le mot iroquois kanata — « village » —, et dès les années 1550 les cartographes écrivent Canada.
1604 – 1759La Nouvelle-France royale et la lutte pour un continent
La première colonie européenne au nord de la Floride date de 1604, quand Pierre de Monts et Samuel de Champlain implantent une colonie française — d’abord sur l’île Sainte-Croix, aujourd’hui rattachée au Maine, puis à Port-Royal, en Acadie (la Nouvelle-Écosse actuelle). Champlain fortifie ensuite l’emplacement de la ville de Québec en 1608 ; le climat rigoureux rend la vie dure aux colons.
Les alliés de Champlain sont les Algonquins, les Montagnais et les Hurons. Leurs ennemis de longue date, les Iroquois — une confédération de cinq (puis six) Premières Nations —, combattent les établissements français pendant cent ans, jusqu’à la paix de 1701. Français et Autochtones sont partenaires d’une immense traite des fourrures, née de l’appétit européen pour les peaux de castor. Sous des chefs de la trempe de Jean Talon, de Monseigneur de Laval et du comte de Frontenac, l’empire français d’Amérique du Nord finit par s’étendre depuis la baie d’Hudson jusqu’au golfe du Mexique. Sommé de livrer Québec aux Anglais en 1690, Frontenac répond : « Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons… » Autre héros de l’époque, Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville, bat les Anglais à répétition, de la baie James, au nord, jusqu’à Nevis, dans les Caraïbes.
Le roi Charles II d’Angleterre dote en 1670 la Compagnie de la Baie d’Hudson d’une charte et d’un monopole commercial sur tous les cours d’eau qui se jettent dans la baie d’Hudson. Les négociants de Montréal seront ses rivaux pendant les 100 années suivantes. Les intrépides hommes de canot de la traite, voyageurs et coureurs des bois, nouent de solides alliances avec les Premières Nations.
Les colonies anglaises du littoral atlantique, fondées au début des années 1600, finissent par dépasser la Nouvelle-France en richesse et en population, et le XVIIIe siècle voit la France et la Grande-Bretagne se disputer le continent par les armes. Le coup décisif tombe en 1759 sur les plaines d’Abraham, à Québec : une victoire britannique qui met fin à l’Empire français en Amérique. Aucun des deux commandants n’y survit : le marquis de Montcalm et le brigadier James Wolfe tombent tous deux en menant leurs hommes.
De Monts et Champlain s’installent à l’île Sainte-Croix, puis à Port-Royal.
Champlain bâtit une forteresse à Québec.
Charles II dote la Compagnie de la Baie d’Hudson d’une charte.
Frontenac refuse de livrer Québec.
Paix entre les Français et les Iroquois.
Wolfe et Montcalm meurent sur les plaines d’Abraham ; la Nouvelle-France tombe.
1763 – 1791La Province de Québec, les loyalistes et les premières assemblées
La Grande-Bretagne donne à la colonie conquise un nouveau nom, la Province de Québec. Sa population catholique de langue française — les habitants ou Canadiens — s’emploie à conserver son mode de vie au sein d’un empire anglophone gouverné par des protestants. Pour administrer cette majorité catholique romaine et francophone, le Parlement répond par l’Acte de Québec de 1774, une des assises constitutionnelles du pays. Les catholiques obtiennent la liberté de religion et l’accès aux charges publiques (encore interdit en Grande-Bretagne même) ; le droit civil français est rétabli, tandis que le droit criminel britannique demeure.
Les 13 colonies du sud font sécession en 1776 pour former les États-Unis, et plus de 40 000 loyalistes fuient la Révolution américaine vers la Nouvelle-Écosse et le Québec. Des milliers de Mohawks loyalistes suivent Joseph Brant au Canada. Les loyalistes sont d’origine britannique, hollandaise, allemande, scandinave, autochtone et autre, et leurs confessions vont d’anglicane, baptiste, catholique et juive à méthodiste, presbytérienne et quaker. Quelque 3 000 loyalistes noirs — affranchis et esclaves — montent aussi vers le nord ; certains Néo-Écossais noirs, ayant reçu de mauvaises terres, repartent en 1792 fonder Freetown, en Sierra Leone, colonie britannique destinée aux esclaves affranchis.
Gouverneur du Québec, sir Guy Carleton (lord Dorchester) prend la défense des Canadiens, repousse une invasion américaine en 1775 et encadre la migration loyaliste de 1782-1783.
Les institutions démocratiques arrivent peu à peu et sans effusion de sang. Halifax, en Nouvelle-Écosse, élit la première assemblée de représentants en 1758 ; l’Île-du-Prince-Édouard a la sienne en 1773 et le Nouveau-Brunswick en 1785. Vient ensuite l’Acte constitutionnel de 1791, qui coupe la Province de Québec en deux : le Haut-Canada (futur Ontario — anglophone, protestant et largement loyaliste) et le Bas-Canada (futur Québec — francophone et très majoritairement catholique). Pour la première fois, chacun dispose d’une assemblée législative élue par la population, et Canada devient le nom officiel. Les deux Canadas et les colonies de l’Atlantique forment ensemble l’Amérique du Nord britannique.
Première assemblée élue : Halifax, en Nouvelle-Écosse.
L’Île-du-Prince-Édouard élit une assemblée.
Acte de Québec.
Carleton repousse une invasion américaine de Québec.
Indépendance américaine ; les loyalistes commencent à arriver.
Le Nouveau-Brunswick élit une assemblée.
Acte constitutionnel : Haut-Canada et Bas-Canada.
Des Néo-Écossais noirs fondent Freetown, en Sierra Leone.
1793 – 1853L’abolition de l’esclavage et une économie en croissance
Une opposition organisée à la traite transatlantique des esclaves apparaît d’abord à la fin des années 1700, au Parlement britannique. Le Haut-Canada agit en 1793 : son lieutenant-gouverneur, John Graves Simcoe — un officier loyaliste qui a aussi fondé la ville de York (Toronto) —, en fait la première province de tout l’Empire à s’attaquer à l’esclavage. La Grande-Bretagne interdit l’achat et la vente d’esclaves en 1807, et en 1833 l’esclavage prend fin dans l’ensemble de l’Empire. Des milliers d’esclaves américains fuient vers le nord en suivant « l’étoile du Nord » le long du chemin de fer clandestin, un réseau antiesclavagiste animé par des chrétiens.
Mary Ann Shadd Cary, militante résolue contre l’esclavage aux États-Unis, devient la première éditrice du Canada en 1853 en cofondant et en dirigeant The Provincial Freeman, un hebdomadaire qui plaide pour l’abolition, l’immigration noire au Canada, la tempérance (boire moins d’alcool) et le pouvoir britannique.
Les premières entreprises du Canada, sous les régimes français puis britannique, se disputent la traite des fourrures. Employant des Français, des Britanniques et des Autochtones, la Compagnie de la Baie d’Hudson prend le contrôle du Nord-Ouest à partir de postes de traite devenus des villes : Fort Victoria, Fort Langley (près de Vancouver), Fort Edmonton et Fort Garry (Winnipeg). Banques et autres institutions financières apparaissent à la fin des années 1700 et au début des années 1800 ; la Bourse de Montréal date de 1832. Pendant des siècles, l’économie repose sur l’agriculture et sur l’exportation de fourrures, de poisson et de bois, acheminés par routes, lacs, rivières et canaux.
1812 – 1814La guerre de 1812
Une fois la flotte de Napoléon Bonaparte détruite par la Royal Navy à Trafalgar (1805), la Grande-Bretagne règne sur les mers et se sert de cette puissance dans sa lutte contre Napoléon. La marine marchande américaine souffre de l’ingérence britannique, et le ressentiment grandit. Convaincus que le Canada sera une conquête facile, les États-Unis envahissent en juin 1812 — et se trompent, car des volontaires canadiens et des Premières Nations (dont des Shawnees menés par le chef Tecumseh) combattent aux côtés des réguliers britanniques.
Le major-général sir Isaac Brock prend Detroit en juillet 1812 mais meurt à Queenston Heights, près de Niagara Falls, en repoussant une attaque que les Américains finiront par perdre. 1813 est une année chargée : le lieutenant-colonel Charles de Salaberry, avec 460 soldats pour la plupart canadiens-français, refoule 4 000 envahisseurs à Châteauguay, au sud de Montréal ; Laura Secord marche 19 milles (30 km) pour prévenir le lieutenant James FitzGibbon d’une attaque imminente, contribuant à la victoire de Beaver Dams ; la frégate HMS Shannon ramène à Halifax l’USS Chesapeake capturé ; et les troupes américaines incendient la résidence du gouverneur et les édifices du Parlement à York (Toronto). Le major-général Robert Ross riposte en 1814 en partant de Nouvelle-Écosse pour brûler la Maison-Blanche et d’autres bâtiments publics de Washington ; tué au combat peu après, il est inhumé à Halifax avec tous les honneurs militaires.
En 1814, la tentative américaine de conquérir le Canada a échoué. La Grande-Bretagne finance alors de coûteuses défenses — Fort Henry à Kingston, la cale sèche de Halifax et les citadelles de Halifax et de Québec —, toutes devenues des sites historiques très visités. Le tracé actuel de la frontière canado-américaine découle en partie de cette guerre, qui a tenu le Canada hors des mains américaines. Le duc de Wellington, vainqueur de Napoléon en 1815, avait envoyé certains de ses meilleurs soldats au Canada en 1814 ; il choisit plus tard Bytown (Ottawa) comme point d’aboutissement du canal Rideau, maillon d’une chaîne de forts contre une nouvelle invasion — ce qui lui donne une part directe dans la naissance de la capitale nationale.
Trafalgar : la Royal Navy règne sur les mers.
Les États-Unis envahissent le Canada.
Brock prend Detroit ; tué plus tard à Queenston Heights.
Châteauguay (de Salaberry) ; Beaver Dams (Laura Secord) ; les Américains brûlent York.
Ross brûle la Maison-Blanche ; l’invasion a échoué.
1837 – 1849Rébellions et gouvernement responsable
Dans les années 1830, les réformateurs des deux Canadas trouvent que la démocratie avance trop lentement ; quelques-uns veulent un républicanisme à l’américaine, voire l’union avec les États-Unis. Des soulèvements armés éclatent en 1837-1838 près de Montréal et à Toronto, mais, faute d’appui populaire suffisant, ils sont écrasés par les réguliers britanniques et des volontaires canadiens. Certains rebelles sont pendus, d’autres exilés (quelques-uns reviendront).
Envoyé d’Angleterre pour enquêter, le réformateur lord Durham propose deux choses : unir le Haut-Canada et le Bas-Canada, et accorder le gouvernement responsable — un régime où les ministres de la Couronne ne peuvent gouverner qu’avec l’appui d’une majorité des représentants élus. Sa troisième idée est la plus controversée : que les Canadiens s’assimilent à la culture protestante anglophone. Elle montre qu’il ne comprenait rien aux Canadiens français, résolus à préserver l’identité distincte du Canada français. Plusieurs réformateurs de cette époque — sir Étienne-Paschal Taché, sir George-Étienne Cartier et sir John A. Macdonald (qui avait servi dans la milice gouvernementale volontaire du Haut-Canada) — deviendront des Pères de la Confédération.
L’union se fait en 1840 et crée la Province du Canada. Là, Robert Baldwin et sir Louis-Hippolyte La Fontaine — et Joseph Howe en Nouvelle-Écosse — pressent les gouverneurs britanniques de réformer. La Nouvelle-Écosse y arrive la première, avec un gouvernement pleinement responsable en 1847-1848 ; le gouverneur lord Elgin, encouragé par Londres, l’instaure au Canada-Uni en 1848-1849. La Fontaine, qui s’est battu pour la démocratie et les droits des francophones, devient en 1849 le premier à diriger un gouvernement responsable dans les Canadas — un rôle semblable à celui d’un premier ministre.
À retenir
- Gouvernement responsable : les ministres ont besoin de la confiance de la majorité des élus ; un gouvernement qui perd un vote de confiance doit démissionner. Le Canada fonctionne encore ainsi.
- Premiers à l’obtenir : la Nouvelle-Écosse, 1847-1848 ; le Canada-Uni sous lord Elgin, 1848-1849.
- Premier chef d’un gouvernement responsable des Canadas : La Fontaine, 1849.
1864 – 1867La Confédération
Entre 1864 et 1867, des délégués de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse — soutenus par la Grande-Bretagne — conçoivent un nouveau pays. On les appelle les Pères de la Confédération. Leur projet comportait deux ordres de gouvernement, fédéral et provincial, et scindait l’ancienne Province du Canada en Ontario et Québec ; avec la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, ces quatre provinces formaient le Dominion du Canada. Chaque province élisait sa propre assemblée législative et gérait des domaines comme l’éducation et la santé.
Westminster vote en 1867 un Acte de l’Amérique du Nord britannique qui crée le Dominion, qui voit le jour le 1er juillet 1867. Cet anniversaire s’est appelé Fête du Dominion jusqu’en 1982, en souvenir du jour où le pays est devenu un dominion autonome ; c’est aujourd’hui la Fête du Canada.
Le mot Dominion est une idée de sir Leonard Tilley. Père de la Confédération venu du Nouveau-Brunswick, il le propose en 1864 après avoir lu le psaume 72 — « Qu’il domine d’une mer à l’autre, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! » —, qui correspondait au rêve d’une nation forte, unie, prospère et libre à l’échelle d’un continent. Le titre est entré dans la Constitution, a servi officiellement pendant environ 100 ans et fait toujours partie de notre patrimoine. En 1921, le roi George V donne au Canada ses couleurs nationales, le blanc et le rouge — celles du drapeau d’aujourd’hui.
À retenir
- Les quatre premières provinces : Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick.
- Acte de l’Amérique du Nord britannique, 1867 ; naissance le 1er juillet 1867 ; Fête du Dominion jusqu’en 1982, aujourd’hui Fête du Canada.
- Tilley + psaume 72 = « Dominion » ; George V + 1921 = blanc et rouge.
1867 – 1999L’élargissement du Dominion
Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick.
Manitoba, Territoires du Nord-Ouest.
Colombie-Britannique.
Île-du-Prince-Édouard.
Les îles de l’Arctique passent aux T.N.-O.
Territoire du Yukon.
Alberta, Saskatchewan.
Terre-Neuve-et-Labrador.
Nunavut.
Une idée des années 1920 restée sans suite : faire entrer dans le Canada les Antilles britanniques, les territoires britanniques des Caraïbes. Les liens avec les Antilles du Commonwealth n’en restent pas moins étroits.
1867 – 1885Le premier premier ministre et la contestation dans l’Ouest
Le premier premier ministre du Canada, à partir de 1867, est sir John Alexander Macdonald, lui-même Père de la Confédération : né en Écosse le 11 janvier 1815, amené enfant dans le Haut-Canada, puis avocat à Kingston, en Ontario, doué pour la politique et doté d’une personnalité haute en couleur. Le 11 janvier est la Journée sir John A. Macdonald par décision du Parlement, et son visage figure sur le billet de 10 $. L’architecte clé de la Confédération au Québec est sir George-Étienne Cartier, avocat montréalais spécialisé dans les chemins de fer et proche allié de Macdonald, qui fait entrer le Québec et aide à négocier l’adhésion du Manitoba, de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest.
Le Canada acquiert en 1869 le vaste Nord-Ouest que lui cède la Compagnie de la Baie d’Hudson, sans consulter les 12 000 Métis établis sur la rivière Rouge. Louis Riel riposte par un soulèvement armé et prend Fort Garry, la capitale du territoire — une menace directe pour le rêve d’un Dominion d’un océan à l’autre. Des soldats venus d’Ottawa reprennent le fort en 1870 ; Riel se réfugie aux États-Unis, et le Manitoba naît comme nouvelle province. Riel remporte un siège au Parlement, mais ne l’occupe jamais. Quand la colonisation menace de nouveau les droits des Métis et des Indiens, une deuxième rébellion en 1885, dans l’actuelle Saskatchewan, se termine par le procès de Riel et son exécution pour haute trahison — une décision que le Québec conteste avec force. Beaucoup voient aujourd’hui en lui un héros qui a défendu les droits des Métis, et comme le père du Manitoba ; Gabriel Dumont fut le meilleur chef militaire des Métis.
Après le premier soulèvement, en 1873, Macdonald fonde la Police à cheval du Nord-Ouest, ou PCNO, pour ramener l’ordre dans l’Ouest et faciliter les négociations avec les Indiens. Ses postes — Fort MacLeod, Fort Calgary et d’autres — deviennent des villes, et Regina en devient le quartier général. Sa successeure, la Gendarmerie royale du Canada (GRC, la « police montée »), est la police nationale du Canada et l’un de ses symboles les plus reconnaissables ; le major-général sir Sam Steele est le plus connu des héros hauts en couleur qu’elle a produits. Avant la Confédération, le pavillon de cette Compagnie de la Baie d’Hudson avait déjà flotté sur l’Ouest canadien pendant 200 ans.
La promesse d’Ottawa d’un chemin de fer jusqu’au Pacifique fait entrer la Colombie-Britannique dans la Confédération en 1871. Le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) est achevé le 7 novembre 1885, quand son administrateur d’origine écossaise Donald Smith (lord Strathcona) enfonce le dernier crampon — un puissant symbole d’unité. Des investisseurs britanniques et américains l’ont payé ; une main-d’œuvre européenne et chinoise l’a construit ; et ses « rubans d’acier » ont réalisé un rêve national. Les travailleurs chinois ont ensuite subi une discrimination, dont la taxe d’entrée fondée sur la race, pour laquelle le gouvernement du Canada s’est excusé en 2006.
Le Canada prend possession du Nord-Ouest sans consulter les Métis de la rivière Rouge.
Fort Garry repris ; création du Manitoba ; Riel s’enfuit.
La Colombie-Britannique adhère sur la promesse d’un chemin de fer.
Fondation de la PCNO.
Deuxième rébellion en Saskatchewan ; Riel exécuté ; dernier crampon posé (7 nov.).
Excuses pour la taxe d’entrée.
années 1890 – 1914La migration vers l’Ouest
Un boom économique dans les années 1890 et au début des années 1900 industrialise l’économie et attire un million de Britanniques et autant d’Américains. Sir Wilfrid Laurier — premier premier ministre canadien-français depuis la Confédération, et visage du billet de 5 $ — pousse la colonisation de l’Ouest. Par le rail arrivent 170 000 Ukrainiens et 115 000 Polonais, ainsi que des dizaines de milliers de Suédois, de Norvégiens, de Français et d’Allemands qui, dès 1914, ont fait de l’Ouest une région agricole prospère.
1899 – 1918La guerre d’Afrique du Sud et la Première Guerre mondiale
La plupart des Canadiens sont fiers de l’Empire britannique. La guerre d’Afrique du Sud, de 1899 à 1902, mieux connue sous le nom de guerre des Boers, attire plus de 7 000 volontaires canadiens, dont plus de 260 meurent. Les victoires de 1900 à Paardeberg (« montagne aux chevaux ») et à Lillefontein nourrissent la fierté nationale.
L’attaque de l’Allemagne contre la Belgique et la France en 1914 entraîne la Grande-Bretagne dans la guerre, et Ottawa lève le Corps expéditionnaire canadien, rebaptisé plus tard Corps canadien. Sur une population de huit millions, plus de 600 000 Canadiens servent, la plupart comme volontaires. En avril 1917, le Corps prend d’assaut la crête de Vimy — première victoire britannique de la guerre — au prix de 10 000 morts ou blessés, ce qui vaut aux Canadiens la réputation de « troupes de choc de l’Empire britannique ». Selon un officier présent, c’est « la naissance d’un pays » qui s’est jouée là. Le Jour de la bataille de Vimy tombe le 9 avril, et le monument commémoratif de Vimy, en France, honore les morts. (Les soldats canadiens portaient la feuille d’érable depuis les années 1850.)
Il y a une face sombre : entre 1914 et 1920, Ottawa détient plus de 8 000 personnes autrefois ressortissantes de l’Autriche-Hongrie — surtout des hommes ukrainiens — dans 24 camps de travail comme « ressortissants d’un pays ennemi », malgré l’avis contraire de la Grande-Bretagne. En 1918, le Corps, commandé par le général sir Arthur Currie — tenu pour le plus grand des soldats canadiens —, se bat pendant les cent derniers jours aux côtés des forces françaises et de l’Empire britannique : Amiens, le 8 août 1918 — pour les Allemands « le jour noir de l’armée allemande » —, puis Arras, le Canal du Nord, Cambrai et Mons. L’Allemagne et l’Autriche capitulent, et l’Armistice du 11 novembre 1918 met fin aux combats. Le Canada compte 60 000 morts et 170 000 blessés ; la fierté nationale comme la fierté impériale en sortent renforcées, surtout au Canada anglais.
Guerre des Boers : plus de 7 000 volontaires, plus de 260 morts ; Paardeberg en 1900.
Déclaration de guerre ; formation du Corps expéditionnaire canadien.
Prise de la crête de Vimy — Jour de la bataille de Vimy.
Amiens ouvre les cent derniers jours.
Armistice.
1916 – 1940Les femmes obtiennent le droit de vote
À la fondation du Canada, seuls les hommes blancs adultes et propriétaires peuvent voter — la norme dans les démocraties de l’époque. Le mouvement des suffragettes entreprend de changer cela ; sa fondatrice au Canada est la Dre Emily Stowe, également première femme à exercer la médecine au pays. Pendant la guerre, plus de 3 000 infirmières — les « oiseaux bleus » — servent dans le Corps de santé royal canadien, dont quelque 2 500 outre-mer.
Le Manitoba — première province à accorder le vote aux femmes.
Le gouvernement de sir Robert Borden accorde le vote fédéral d’abord aux infirmières au front, puis aux femmes ayant un proche en service militaire actif.
La plupart des citoyennes de 21 ans et plus peuvent voter au fédéral.
Agnes Macphail, enseignante et fermière, est élue première députée.
Le Québec accorde le vote aux femmes, grâce à Thérèse Casgrain et d’autres.
11 novembreLe jour du Souvenir
Le jour du Souvenir, le 11 novembre, honore les anciens combattants et les morts de toutes les guerres auxquelles les Canadiens ont pris part, jusqu’à aujourd’hui. On porte le coquelicot rouge et on observe un silence à 11 h le 11 novembre, la onzième heure du onzième jour, en mémoire du million et plus de personnes qui ont servi et des 110 000 qui sont mortes. Le poème le plus souvent récité ce jour-là, « In Flanders Fields » (« Au champ d’honneur »), a été écrit en 1915 par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin de l’armée canadienne.
1919 – 1939L’entre-deux-guerres
De l’Empire britannique d’après-guerre naît une libre association d’États, le Commonwealth britannique des nations. Le Canada en reste un membre de premier plan, avec d’autres anciennes parties de l’Empire — l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Inde et plusieurs pays des Antilles et d’Afrique. Prospérité et faible chômage marquent les « Années folles », mais le krach boursier de 1929 amène la Grande Dépression — une décennie sombre. En 1933, le chômage atteint 27 %, des entreprises se sont effondrées et les agriculteurs de l’Ouest, aux prises avec la sécheresse et les bas prix des grains, sont les plus durement frappés.
Les Canadiens se mettent à réclamer un filet de sécurité sociale : une semaine de travail normalisée, un salaire minimum et des mesures telles que l’assurance-chômage. Une banque centrale, la Banque du Canada, est créée en 1934 pour gérer la masse monétaire et stabiliser le système financier. L’immigration se tarit et beaucoup de réfugiés sont refusés — dont des Juifs cherchant à fuir l’Allemagne nazie en 1939. Une lueur : Phil Edwards, né en Guyane britannique, remporte le bronze pour le Canada à trois Jeux olympiques (1928, 1932, 1936), puis obtient son diplôme de la faculté de médecine de McGill, sert comme capitaine dans l’armée durant la Seconde Guerre mondiale et devient à Montréal un spécialiste des maladies tropicales.
1939 – 1945La Seconde Guerre mondiale
En 1939, Adolf Hitler, dictateur nazi (national-socialiste) de l’Allemagne, envahit la Pologne puis submerge presque toute l’Europe ; le Canada entre en guerre aux côtés de ses alliés démocratiques. Plus d’un million de Canadiens, Terre-Neuviens compris, servent (Terre-Neuve est encore une entité britannique distincte) sur une population de seulement 11,5 millions, et 44 000 d’entre eux meurent. Les premières défaites surviennent à Hong Kong (1941), où les Canadiens affrontent le Japon impérial dans une défense vouée à l’échec, et à Dieppe (1942), un raid raté sur la côte française tenue par les nazis.
L’Aviation royale du Canada (ARC) vole dans la bataille d’Angleterre et fournit une grande part des équipages du Commonwealth au-dessus de l’Europe ; grâce au Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique, plus de 130 000 aviateurs alliés apprennent à voler au Canada — une contribution à la guerre aérienne plus grande que celle de tout autre pays du Commonwealth. La Marine royale du Canada (MRC) vit sa plus belle heure lors de la bataille de l’Atlantique, en escortant les convois marchands face aux sous-marins allemands, tandis que la marine marchande nourrit, habille et ravitaille la Grande-Bretagne. Au sortir du conflit, seules deux marines au monde dépassent celle du Canada — c’est la troisième en importance.
Les Canadiens aident à libérer l’Italie en 1943-1944. Le jour J, le 6 juin 1944, 15 000 soldats canadiens enlèvent la plage Juno, en Normandie, à l’armée allemande — un exploit national immortalisé par une toile d’Orville Fisher — et environ un soldat allié sur dix débarqué ce jour-là est canadien. L’Armée canadienne libère ensuite les Pays-Bas (1944-1945), contribuant à la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945, après six années de guerre en Europe.
Le Japon, de son côté, occupe les îles Aléoutiennes, bombarde un phare de l’île de Vancouver, envoie des ballons piégés dériver au-dessus des Prairies et de la Colombie-Britannique, et maltraite brutalement les Canadiens capturés à Hong Kong ; il capitule le 14 août 1945, et quatre ans de guerre dans le Pacifique prennent fin. Au pays, la peur du temps de guerre et l’opinion publique en Colombie-Britannique amènent le gouvernement fédéral à déplacer de force les Canadiens d’origine japonaise et à vendre leurs biens sans aucune compensation — alors même que l’armée et la GRC avaient dit qu’ils présentaient peu de danger. En 1988, le gouvernement du Canada s’est excusé et a indemnisé les victimes.
Hitler envahit la Pologne ; la guerre commence.
Défense manquée de Hong Kong.
Raid raté sur Dieppe.
Libération de l’Italie.
Jour J : les Canadiens prennent la plage Juno.
Libération des Pays-Bas.
L’Allemagne capitule.
Le Japon capitule.
Excuses et indemnisation des Canadiens d’origine japonaise.
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