L’histoire du Canada s’étend des peuples autochtones qui occupaient toutes les régions, jusqu’à la fondation et la chute de la Nouvelle-France, la conquête britannique, la construction d’un pays lors de la Confédération en 1867 et l’affirmation du Canada au cours des deux guerres mondiales. Les noms, batailles, dates et traités ci-dessous forment la trame de fond à connaître pour l’examen de citoyenneté.
Avant le contactLes premiers peuples
À leur arrivée, les Européens ont trouvé chaque région occupée par des peuples qu’ils ont nommés Indiens, persuadés d’avoir touché les Indes orientales. Ces peuples vivaient de la terre : les uns de chasse et de cueillette, les autres de culture.
À retenir
- Les Hurons-Wendats des Grands Lacs étaient, comme les Iroquois, des agriculteurs et des chasseurs.
- Les Cris et les Dénés du Nord-Ouest étaient des chasseurs-cueilleurs.
- Les Sioux étaient des nomades qui suivaient les troupeaux de bisons.
- Les Inuits tiraient leur subsistance de la faune arctique ; sur la côte Ouest, le poisson se conservait séché et fumé.
Entre groupes, les affrontements étaient fréquents : il s’agissait d’étendre son territoire, de s’assurer des ressources ou de gagner en prestige. Faute d’immunité, beaucoup d’Autochtones ont plus tard succombé aux maladies apportées par les Européens. Malgré cela, deux siècles de coexistence ont tissé entre eux des liens économiques, religieux et militaires solides, sur lesquels le Canada s’est bâti.
an 1000 – 1542Les premiers Européens
Installés au Groenland depuis un millénaire, les Vikings venus d’Islande ont poussé jusqu’au Labrador et à l’île de Terre-Neuve. Ce qui subsiste de leur établissement, l’Anse aux Meadows, est inscrit au patrimoine mondial.
L’exploration européenne s’ouvre véritablement en 1497 avec Jean Cabot, Italien passé au service de l’Angleterre, premier à dresser la carte de la côte atlantique du pays : il touche terre à Terre-Neuve ou au Cap-Breton. L’établissement anglais, lui, ne débutera qu’en 1610. Une génération plus tard, entre 1534 et 1542, Jacques Cartier franchit trois fois l’Atlantique et revendique des terres au nom du roi de France, François Ier.
Cartier fut le premier Européen à remonter le fleuve Saint-Laurent et à reconnaître les sites où naîtraient Québec et Montréal. De deux guides qu’il avait capturés, il retint le mot iroquois kanata — « village » ; dès la décennie 1550, le nom Canada commençait à figurer sur les cartes.
Les Vikings atteignent le Labrador et Terre-Neuve (l’Anse aux Meadows).
Jean Cabot trace la carte de la côte atlantique du Canada.
Jacques Cartier fait trois voyages et explore le Saint-Laurent.
Le nom Canada commence à apparaître sur les cartes.
L’établissement anglais commence.
1604 – 1759La Nouvelle-France royale
Deux explorateurs français, Pierre de Monts et Samuel de Champlain, fondent en 1604 le premier peuplement européen au nord de la Floride : d’abord dans l’île Sainte-Croix, aujourd’hui rattachée au Maine, puis en Acadie, à Port-Royal, sur le sol de la Nouvelle-Écosse actuelle. En 1608, Champlain élève une forteresse là où s’étend aujourd’hui la ville de Québec.
Champlain a allié la colonie aux Algonquins, aux Montagnais et aux Hurons, ennemis historiques des Iroquois — une confédération de cinq (puis six) Premières Nations qui s’est battue contre les établissements français pendant un siècle, jusqu’à ce que les deux camps concluent la paix en 1701. Les Français et les Autochtones ont collaboré à la vaste économie de la traite des fourrures, stimulée par la forte demande européenne pour les peaux de castor. Des dirigeants comme Jean Talon, Monseigneur de Laval et le comte de Frontenac ont bâti un empire français s’étendant de la baie d’Hudson au golfe du Mexique.
C’est le roi Charles II d’Angleterre qui accorde en 1670 à la Compagnie de la Baie d’Hudson le monopole du commerce sur le bassin versant de la baie d’Hudson ; un siècle durant, elle affrontera la concurrence des négociants de Montréal. Adroits et intrépides, les hommes du canot — voyageurs, coureurs des bois — nouaient des alliances durables avec les Premières Nations. Parmi les figures de l’époque : le comte de Frontenac, qui refuse en 1690 de livrer Québec aux Anglais — « Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons ! » — et Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville, vainqueur des Anglais de la baie James jusqu’à Nevis, dans les Caraïbes.
Pendant ce temps, les colonies anglaises le long de la côte atlantique, établies dès le début des années 1600, sont devenues plus riches et plus peuplées que la Nouvelle-France. Au XVIIIe siècle, la France et la Grande-Bretagne se sont fait la guerre pour la maîtrise de l’Amérique du Nord, et en 1759, les Britanniques ont vaincu les Français à la bataille des plaines d’Abraham à Québec — la fin de l’Empire français en Amérique. Les deux commandants, le brigadier James Wolfe et le marquis de Montcalm, ont été tués tandis qu’ils menaient leurs troupes.
1763 – 1791La domination britannique et l’accommodement
Après la guerre, la Grande-Bretagne a donné à la colonie le nom de Province de Québec. Ses francophones catholiques, appelés habitants ou Canadiens, cherchaient à préserver leur mode de vie au sein d’un empire anglophone dirigé par des protestants.
Pour mieux gouverner une majorité catholique romaine et francophone, Westminster vote l’Acte de Québec de 1774, l’une des assises constitutionnelles du pays. Le texte reconnaît aux catholiques la liberté de religion et l’accès aux charges publiques — ce que la Grande-Bretagne elle-même leur refusait alors — et rétablit le droit civil français, le droit criminel britannique continuant de s’appliquer.
Quand les 13 colonies du sud proclament leur indépendance en 1776 et forment les États-Unis, plus de 40 000 loyalistes montent vers le nord s’installer en Nouvelle-Écosse et au Québec. Hollandais, Allemands, Britanniques, Scandinaves, Autochtones et autres, ils étaient presbytériens, anglicans, baptistes, méthodistes, juifs, quakers ou catholiques. Joseph Brant amène avec lui des milliers de Mohawks loyalistes, et quelque 3 000 loyalistes noirs, esclaves ou affranchis, montent vers le nord en quête d’une vie meilleure. En 1792, certains Néo-Écossais noirs, à qui l’on avait attribué des terres stériles, repartent fonder Freetown, en Sierra Leone, nouvelle colonie britannique destinée aux esclaves affranchis.
Sir Guy Carleton (lord Dorchester), à titre de gouverneur du Québec, a défendu les droits des Canadiens, repoussé une invasion américaine de Québec en 1775 et supervisé la migration des loyalistes de 1782-1783. Les institutions démocratiques se sont alors développées progressivement et pacifiquement : la première assemblée de représentants a été élue à Halifax en 1758, suivie de l’Île-du-Prince-Édouard en 1773 et du Nouveau-Brunswick en 1785.
L’Acte constitutionnel de 1791 scinde la Province de Québec en Haut-Canada — l’Ontario d’aujourd’hui, majoritairement loyaliste, protestant et de langue anglaise — et en Bas-Canada, le Québec actuel, surtout catholique et de langue française. Pour la première fois, les deux Canadas se voient dotés d’assemblées législatives élues par la population, et le nom Canada devient officiel. On désignait alors collectivement les colonies de l’Atlantique et les deux Canadas sous l’appellation d’Amérique du Nord britannique.
1793 – années 1850L’abolition et une économie en croissance
C’est à la fin des années 1700 qu’émerge au Parlement britannique le mouvement pour abolir la traite transatlantique. Sous la direction du lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe, le Haut-Canada devient en 1793 la première province de l’Empire à s’engager sur cette voie. Londres interdira la traite en 1807, puis supprimera l’esclavage dans tout l’Empire en 1833.
Par milliers, des esclaves ont quitté les États-Unis : guidés par « l’étoile du Nord », ils gagnaient le Canada par le chemin de fer clandestin, réseau antiesclavagiste d’inspiration chrétienne. John Graves Simcoe a par ailleurs fondé la ville de York, aujourd’hui Toronto. Militante sans détour de l’abolition, Mary Ann Shadd Cary devient en 1853 la première éditrice du pays en contribuant à fonder et à diriger The Provincial Freeman.
Nées sous les régimes français puis britannique, les premières entreprises du pays se disputaient la traite des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson finit par dominer le Nord-Ouest, de Fort Garry (Winnipeg) et Fort Edmonton jusqu’à Fort Langley et Fort Victoria — des postes devenus depuis des villes. Les premières institutions financières apparaissent entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, et la Bourse de Montréal ouvre en 1832. Durant des siècles, l’économie canadienne aura tenu à l’agriculture et à l’exportation de ressources naturelles : fourrure, poisson, bois de sciage.
1812 – 1814La guerre de 1812
La bataille de Trafalgar (1805) ayant anéanti la flotte de Napoléon Bonaparte, la Royal Navy régnait sur les mers. L’irritation américaine devant l’ingérence britannique dans leur commerce maritime, jointe à la conviction que le Canada tomberait sans peine, conduit les États-Unis à envahir en juin 1812. Des volontaires canadiens et des combattants des Premières Nations, dont les Shawnees du chef Tecumseh, épaulèrent la défense britannique.
En juillet, le major-général sir Isaac Brock enlève Detroit, puis trouve la mort lors d’un assaut américain à Queenston Heights, près de Niagara Falls — assaut que les Américains perdront. En 1813, à Châteauguay, le lieutenant-colonel Charles de Salaberry et ses 460 soldats, surtout des Canadiens français, font reculer 4 000 assaillants américains. La même année, Laura Secord parcourt à pied 30 km (19 milles) au péril de sa vie pour prévenir le lieutenant James FitzGibbon d’un assaut imminent, pesant ainsi sur la victoire de Beaver Dams.
Les Américains livrèrent aux flammes la résidence du gouverneur et les édifices du Parlement à York en 1813. En représailles, le major-général Robert Ross quitte en 1814 la Nouvelle-Écosse à la tête d’une expédition qui incendie la Maison-Blanche et d’autres bâtiments publics de Washington, D.C. Tombé au combat peu après, il sera inhumé à Halifax avec les honneurs militaires. En 1814, la tentative américaine de conquérir le Canada avait échoué.
La Grande-Bretagne a alors payé un coûteux système de défense, dont les citadelles de Halifax et de Québec, la cale sèche de Halifax et le Fort Henry à Kingston. La frontière canado-américaine actuelle découle en partie de la guerre, qui a permis de garantir l’indépendance du Canada face aux États-Unis. Le duc de Wellington, qui a vaincu Napoléon en 1815, a choisi Bytown (Ottawa) comme point d’aboutissement du canal Rideau, jouant un rôle direct dans la fondation de la capitale nationale.
1837 – 1864Rébellion et gouvernement responsable
Dans les années 1830, les réformateurs du Haut-Canada comme du Bas-Canada jugeaient trop lente la marche vers une démocratie véritable ; certains vantaient les valeurs républicaines américaines, voire le rattachement aux États-Unis. Des rébellions armées éclatent en 1837-1838 autour de Montréal et à Toronto, mais faute d’appui populaire elles sont écrasées par les troupes britanniques et des volontaires canadiens. Plusieurs meneurs furent pendus ou exilés, quelques-uns revenant plus tard au pays.
Envoyé enquêter sur les rébellions, le réformateur anglais lord Durham préconise de fondre le Haut-Canada et le Bas-Canada et d’accorder un gouvernement responsable — c’est-à-dire des ministres de la Couronne tenus, pour gouverner, de rallier la majorité des élus. Il ajoutait que les Canadiens devaient se fondre dans la culture protestante anglophone, proposition qui trahissait une méconnaissance complète des Canadiens français.
Les deux Canadas fusionnent en 1840 pour former la Province du Canada. Des réformateurs — sir Louis-Hippolyte La Fontaine, Robert Baldwin, et Joseph Howe en Nouvelle-Écosse — travaillèrent avec les gouverneurs britanniques dans le sens de la réforme. C’est la Nouvelle-Écosse qui obtient la première un gouvernement pleinement responsable, en 1847-1848 ; le gouverneur lord Elgin en instaure un au Canada-Uni en 1848-1849 — un régime où un gouvernement battu sur un vote de confiance doit se retirer. En 1849, champion de la démocratie et des droits des francophones, La Fontaine prend la tête (à la manière d’un premier ministre) du premier gouvernement responsable des deux Canadas.
À retenir
- Gouvernement responsable = les ministres doivent avoir la confiance de la majorité des représentants élus.
- Première colonie à l’obtenir : la Nouvelle-Écosse, 1847-1848.
- Futurs Pères de la Confédération de cette époque : sir Étienne-Paschal Taché, sir George-Étienne Cartier et sir John A. Macdonald (un ancien membre de la milice du Haut-Canada).
1864 – 1867La Confédération, 1867
De 1864 à 1867, avec l’appui de Londres, des représentants de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse s’attelèrent à la création d’un pays. On les appelle les Pères de la Confédération. Leur œuvre institua deux ordres de gouvernement — fédéral et provincial — et divisa l’ancienne Province du Canada en Ontario et Québec, chaque province élisant son assemblée législative avec autorité sur des domaines comme l’éducation et la santé.
Voté par Westminster en 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique donne naissance au Dominion du Canada le 1er juillet 1867. Jusqu’en 1982, cette date se célébrait sous le nom de Fête du Dominion ; elle porte aujourd’hui celui de Fête du Canada.
À retenir
- Les quatre premières provinces : l’Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.
- Le terme Dominion du Canada a été suggéré par sir Leonard Tilley du Nouveau-Brunswick en 1864, inspiré du psaume 72 — « qu’il domine d’une mer à l’autre ».
- Le roi George V a établi les couleurs nationales du Canada, le blanc et le rouge, en 1921 — les couleurs du drapeau d’aujourd’hui.
1867 – 1885La construction d’un pays : l’Ouest
Père de la Confédération, sir John Alexander Macdonald devient en 1867 le premier premier ministre du pays. Né en Écosse le 11 janvier 1815, arrivé enfant dans le Haut-Canada, il exerça le droit à Kingston, en Ontario. Le 11 janvier est, par décision du Parlement, la Journée sir John A. Macdonald, et son portrait orne le billet de 10 dollars. Du côté québécois, l’artisan principal de la Confédération fut sir George-Étienne Cartier, avocat montréalais spécialiste du droit ferroviaire : il fit adhérer le Québec et contribua aux négociations qui amenèrent les Territoires du Nord-Ouest, le Manitoba et la Colombie-Britannique.
Lorsque le Canada a pris possession du vaste Nord-Ouest de la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1869, les 12 000 Métis de la rivière Rouge n’ont pas été consultés. Louis Riel a mené une révolte armée et s’est emparé de Fort Garry, la capitale territoriale. Ottawa a envoyé des soldats pour la reprendre en 1870 ; Riel s’est enfui aux États-Unis et le Canada a créé une nouvelle province, le Manitoba. Riel a été élu au Parlement, mais n’a jamais occupé son siège. Une deuxième révolte en 1885 dans l’actuelle Saskatchewan a mené à son procès et à son exécution pour haute trahison — une décision fermement contestée au Québec. Beaucoup le voient comme un héros, défenseur des droits des Métis et père du Manitoba.
Au lendemain de la première révolte, Macdonald met sur pied en 1873 la Police à cheval du Nord-Ouest (PCNO) pour ramener le calme dans l’Ouest et faciliter les pourparlers avec les Indiens. Fort MacLeod, Fort Calgary et d’autres postes qu’elle fonde deviendront des villes ; Regina en accueille le quartier général. La Gendarmerie royale du Canada (GRC, ou « police montée ») est aujourd’hui la police nationale du pays et l’un de ses symboles les plus reconnaissables. Le major-général sir Sam Steele en est sorti, tandis que Gabriel Dumont s’imposait comme le plus remarquable des chefs militaires métis.
La Colombie-Britannique rejoint le Canada en 1871, une fois promis par Ottawa un lien ferroviaire jusqu’au Pacifique. Le 7 novembre 1885, né en Écosse, Donald Smith (lord Strathcona), qui administrait le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), enfonce le dernier crampon. Financés par des investisseurs britanniques et américains, bâtis par des ouvriers venus d’Europe et de Chine, les « rubans d’acier » du CFCP concrétisaient un rêve national. Les Chinois subirent ensuite une discrimination qui alla jusqu’à une taxe d’entrée fondée sur la race ; des excuses officielles ont été présentées en 2006.
années 1890 – 1914La migration vers l’Ouest
L’économie du Canada s’est développée et industrialisée durant le boom des années 1890 et du début des années 1900, quand un million de Britanniques et un million d’Américains ont immigré. Sir Wilfrid Laurier est devenu le premier premier ministre canadien-français depuis la Confédération et a encouragé l’immigration vers l’Ouest ; son portrait figure sur le billet de 5 dollars.
Le rail permit à des immigrants de s’installer dans l’Ouest avant 1914 et d’y faire prospérer l’agriculture : 170 000 Ukrainiens, 115 000 Polonais, ainsi que des dizaines de milliers de Norvégiens, d’Allemands, de Suédois et de Français.
1899 – 1921La Première Guerre mondiale
Plus de 7 000 Canadiens s’engagèrent volontairement dans la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902), que l’on appelle couramment la guerre des Boers ; plus de 260 y laissèrent la vie. En 1900, ils se battirent à Paardeberg — « montagne aux chevaux » — et à Lillefontein.
L’entrée en guerre de la Grande-Bretagne, après l’attaque allemande contre la Belgique et la France en 1914, conduisit Ottawa à lever le Corps expéditionnaire canadien, futur Corps canadien. Sur une population de huit millions d’habitants, plus de 600 000 Canadiens y prirent part, la plupart comme volontaires. En avril 1917, le Corps enleva la crête de Vimy au prix de 10 000 morts et blessés — première victoire britannique du conflit —, affermissant sa réputation de « troupes de choc de l’Empire britannique ». On commémore la bataille chaque 9 avril, et le monument commémoratif de Vimy, en France, honore les disparus.
Entre 1914 et 1920, malgré l’avis contraire de Londres, Ottawa interna plus de 8 000 anciens ressortissants austro-hongrois — surtout des hommes ukrainiens — comme « ressortissants d’un pays ennemi », dans 24 camps de travail. En 1918, sous les ordres du général sir Arthur Currie, tenu pour le plus grand soldat canadien, le Corps mena les cent derniers jours, dont la victoire d’Amiens le 8 août 1918, que les Allemands appelèrent « le jour noir de l’armée allemande ». Le conflit s’acheva avec l’Armistice du 11 novembre 1918. Le bilan canadien : 60 000 morts et 170 000 blessés. C’est dans les années 1850 que les soldats canadiens avaient commencé à porter la feuille d’érable.
Guerre des Boers : plus de 7 000 Canadiens servent, 260+ meurent.
La Grande-Bretagne déclare la guerre ; le Corps expéditionnaire canadien est formé.
Les Canadiens s’emparent de la crête de Vimy (Jour de Vimy, le 9 avril).
Bataille d’Amiens — « le jour noir de l’armée allemande ».
L’Armistice met fin à la guerre.
1758 – 1940Les femmes obtiennent le droit de vote
À la Confédération, le droit de vote était limité aux hommes blancs adultes et propriétaires, ce qui était courant dans les démocraties de l’époque. Le mouvement des suffragettes cherchait à changer cela ; sa fondatrice au Canada était la Dre Emily Stowe, la première femme canadienne à pratiquer la médecine au Canada.
Le Manitoba devient la première province à accorder le vote aux femmes.
Le gouvernement que dirige sir Robert Borden ouvre le vote fédéral aux infirmières servant au front et aux femmes ayant un proche sous les drapeaux.
La plupart des citoyennes d’au moins 21 ans obtiennent le vote fédéral.
Agnes Macphail devient la première députée.
Le Québec accorde le vote aux femmes, grâce à Thérèse Casgrain et d’autres.
Plus de 3 000 infirmières, surnommées les « oiseaux bleus », ont fait partie du Corps de santé royal canadien, dont 2 500 outre-mer.
1915 – aujourd’huiLe jour du Souvenir
Le 11 novembre de chaque année, jour du Souvenir, les Canadiens portent le coquelicot rouge et observent une minute de silence à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, en hommage au million et plus de personnes qui ont servi et aux 110 000 qui y ont laissé la vie. Médecin militaire canadien, le lieutenant-colonel John McCrae écrivit en 1915 le poème « In Flanders Fields », que l’on lit souvent ce jour-là.
1919 – 1939L’entre-deux-guerres
Au sortir de la Première Guerre mondiale, l’Empire britannique se mua en une libre association d’États, le Commonwealth britannique des nations, dont le Canada demeure l’un des membres principaux aux côtés d’autres héritiers de l’Empire — l’Inde, l’Australie, la Nouvelle-Zélande — et de nombreux pays d’Afrique et des Antilles. Les « Années folles » apportèrent prospérité et chômage bas.
Le krach boursier de 1929 ouvrit la Grande Dépression, décennie sombre où le chômage grimpa à 27 % en 1933. Les agriculteurs de l’Ouest furent les plus éprouvés, entre l’effondrement des prix des grains et la sécheresse. La Banque du Canada, banque centrale chargée de piloter la masse monétaire, fut instituée en 1934. L’immigration se contracta et bien des réfugiés furent refoulés, dont des Juifs cherchant à fuir l’Allemagne nazie en 1939.
1939 – 1945La Seconde Guerre mondiale
La guerre a débuté en 1939 quand Adolf Hitler, le dictateur nazi de l’Allemagne, a envahi la Pologne et conquis une grande partie de l’Europe. Plus d’un million de Canadiens et de Terre-Neuviens y ont participé, sur une population de 11,5 millions ; 44 000 ont été tués. Les Canadiens ont combattu bravement dans la défense infructueuse de Hong Kong (1941) et un raid raté contre les nazis à Dieppe (1942).
L’Aviation royale du Canada (ARC) prit part à la bataille d’Angleterre, et plus de 130 000 membres d’équipage alliés furent formés au pays dans le cadre du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique. C’est dans la bataille de l’Atlantique que la Marine royale du Canada (MRC) s’illustra le plus, en escortant les convois menacés par les sous-marins allemands ; au terme du conflit, le pays possédait la troisième flotte du monde. Sur le théâtre du Pacifique, le Japon occupa les îles Aléoutiennes, attaqua un phare de l’île de Vancouver, lâcha au-dessus des Prairies et de la Colombie-Britannique des ballons piégés et infligea de graves sévices aux prisonniers canadiens de Hong Kong, avant de capituler le 14 août 1945.
La guerre a aussi mené au déplacement forcé des Canadiens d’origine japonaise et à la vente de leurs biens sans compensation ; le gouvernement du Canada a présenté ses excuses et indemnisé les victimes en 1988.
Les Canadiens ont contribué à libérer l’Italie en 1943-1944. Lors de l’invasion de la Normandie le 6 juin 1944 — le jour J — 15 000 soldats canadiens se sont lancés à l’assaut de la plage Juno et l’ont capturée ; environ un soldat allié sur dix ce jour-là était canadien. L’Armée canadienne a ensuite libéré les Pays-Bas en 1944-1945 et a contribué à forcer la reddition allemande du 8 mai 1945, mettant fin à six années de guerre en Europe.
Hitler envahit la Pologne ; la guerre commence.
Défense de Hong Kong.
Raid raté sur Dieppe.
Libération de l’Italie.
Jour J : les Canadiens s’emparent de la plage Juno.
Reddition allemande en Europe.
Le Japon capitule.
1867 – 1999Dates à connaître : l’adhésion des provinces
Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick.
Manitoba, Territoires du Nord-Ouest.
Colombie-Britannique.
Île-du-Prince-Édouard.
Transfert des îles de l’Arctique (aux T.N.-O.).
Territoire du Yukon.
Alberta, Saskatchewan.
Terre-Neuve-et-Labrador.
Nunavut.
Dans les années 1920, certains estimaient que les Antilles britanniques devraient être annexées au Canada, ce qui n’a pas eu lieu.
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