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Qui sommes-nous, les Canadiens ?

7 min de lecture48 questions de pratiquePas encore tentéMis à jour en juin 2026

Source : « Découvrir le Canada » (IRCC)

Le Canada jouit dans le monde entier d’une réputation de pays fort et libre, et ses habitants tiennent à une identité qui leur est propre. Le pays a reçu en héritage la tradition constitutionnelle ininterrompue la plus ancienne au monde et demeure la seule monarchie constitutionnelle du continent nord-américain. Son identité s’appuie sur trois peuples fondateurs — Autochtones, Français et Britanniques — et sur une vaste société multiculturelle venue d’horizons très divers.

IdentitéUn pays fort et libre

Les institutions canadiennes restent attachées à la paix, l’ordre et le bon gouvernement, formule tirée du premier texte constitutionnel du pays, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. Goût d’une liberté ordonnée, esprit d’entreprise, labeur et probité : ces traits ont permis aux Canadiens d’édifier une société prospère sous un climat rude, de l’océan Atlantique jusqu’au Pacifique et au cercle arctique — d’où le surnom de « Great Dominion », le grand dominion, que lui ont donné poètes et chansonniers.

À retenir

  • La tradition constitutionnelle du Canada est la plus ancienne au monde à n’avoir jamais été interrompue.
  • Le Canada est la seule monarchie constitutionnelle en Amérique du Nord.
  • La formule paix, ordre et bon gouvernement vient de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867).
  • Les trois peuples fondateurs sont les Autochtones, les Français et les Britanniques.

Premiers peuplesLes peuples autochtones

Les ancêtres des peuples autochtones seraient venus d’Asie il y a plusieurs millénaires ; leur présence sur ce territoire précède de très loin la venue des premiers explorateurs européens. Vivantes et variées, les cultures des Premières Nations prenaient racine dans des croyances religieuses touchant au lien avec le Créateur, avec la nature environnante et avec autrui.

La Constitution canadienne énonce les droits autochtones et les droits issus de traités. C’est la Proclamation royale de 1763, signée par le roi George III, qui a garanti pour la première fois des droits territoriaux et ouvert la voie à la négociation de traités avec les nouveaux venus — des traités qui n’ont pas toujours été pleinement honorés.

Du dix-neuvième siècle jusqu’aux années 1980, Ottawa a envoyé quantité d’enfants autochtones dans des pensionnats, dans le but de les instruire et de les fondre dans la culture canadienne dominante. Mal financés, ces établissements laissaient les élèves dans le dénuement ; certains y ont subi des sévices, et langues et pratiques culturelles autochtones y étaient le plus souvent proscrites. Des excuses officielles ont été présentées par Ottawa aux anciens élèves en 2008. Les peuples autochtones retrouvent aujourd’hui fierté et assurance, avec des réussites marquantes dans les arts, les affaires, l’agriculture et l’environnement.

À retenir

  • Le terme peuples autochtones désigne aujourd’hui trois groupes distincts : les Indiens (Premières Nations), les Inuits et les Métis.
  • Le terme indien vise l’ensemble des peuples autochtones, à l’exception des Inuits et des Métis ; l’appellation Premières Nations s’est répandue à partir des années 1970.
  • Environ la moitié des membres des Premières Nations habitent une réserve, réparties entre quelque 600 communautés ; l’autre moitié vit à l’extérieur des réserves, principalement en milieu urbain.
  • Ottawa a présenté ses excuses aux anciens élèves des pensionnats en 2008.

Trois groupesLes Inuits et les Métis

Le mot inuit veut dire « le peuple » en inuktitut. Les Inuits habitent de petites communautés disséminées dans tout l’Arctique, où leur savoir sur le territoire, la mer et les animaux sauvages leur a permis de vivre dans l’un des milieux les plus hostiles de la planète.

Peuple distinct, les Métis descendent d’unions entre Autochtones et Européens ; c’est dans les provinces des Prairies qu’ils sont le plus nombreux. Issus de milieux francophones autant qu’anglophones, ils ont leur propre dialecte, le michif.

À retenir

  • Environ 65 % des peuples autochtones sont des Premières Nations.
  • Environ 30 % sont des Métis.
  • Environ 4 % sont des Inuits.

John Buchan, premier baron Tweedsmuir, gouverneur général (1935-1940) très apprécié, a laissé une vision marquante de l’immigration. Dans un discours prononcé à Halifax en 1937, il soutenait que chaque communauté immigrante devrait garder sa personnalité propre et apporter sa part au caractère de la nation — chacune apprenant de l’autre, tout en gardant ses propres attaches et traditions ainsi que la nouvelle loyauté née de leur union.

Langues officiellesLes Français et les Anglais

La société canadienne d’aujourd’hui doit beaucoup aux civilisations chrétiennes de langue française et de langue anglaise que les colons ont apportées d’Europe. Le français et l’anglais sont les deux langues officielles du pays : partout au Canada, la loi oblige le gouvernement fédéral à servir la population dans l’une comme dans l’autre.

À retenir

  • Le Canada compte 18 millions d’anglophones (personnes dont l’anglais est la langue maternelle).
  • Le Canada compte sept millions de francophones (personnes dont le français est la langue maternelle).
  • Le Québec regroupe la plupart des francophones ; un million vivent en Ontario, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick, et ils sont présents de façon plus limitée ailleurs.
  • Une seule province, le Nouveau-Brunswick, est officiellement bilingue.

Les Acadiens descendent de colons français installés dès 1604 sur le territoire des provinces maritimes actuelles. Entre 1755 et 1763, alors que la Grande-Bretagne et la France s’affrontaient, plus des deux tiers d’entre eux furent chassés de leur patrie — une épreuve connue sous le nom de « Grand Dérangement ». Ils y ont survécu sans perdre leur identité, et la culture acadienne, aujourd’hui florissante, est une composante vivante du Canada français.

Les Québécois habitent le Québec et parlent français dans leur très grande majorité ; la plupart descendent de 8 500 immigrants français venus aux dix-septième et dix-huitième siècles et gardent une identité, une culture et une langue bien à eux. En 2006, la Chambre des communes leur a reconnu la qualité de nation au sein d’un Canada uni. Quant au million d’Anglo-Québécois, leurs racines remontent à 250 ans et ils forment une composante dynamique du tissu social de la province.

Nouveaux arrivantsDevenir Canadien

Il arrive que des immigrants viennent de régions déchirées par des affrontements ou des conflits armés ; rien dans ce vécu ne saurait pour autant justifier d’importer au pays des préjugés violents, extrêmes ou haineux. Devenir citoyen canadien suppose de faire siens les principes démocratiques du pays, à commencer par la primauté du droit.

Du dix-septième au vingtième siècle, des colons, des soldats et des immigrants venus d’Angleterre, du pays de Galles, d’Écosse et d’Irlande — plusieurs centaines de milliers en tout — ont donné sa forme au mode de vie des régions anglophones. Des générations de pionniers d’origine britannique, aux côtés d’autres groupes, ont travaillé et enduré bien des épreuves pour poser les fondements du pays ; c’est de là que vient l’usage courant de l’expression Canadiens anglais pour désigner les anglophones.

MulticulturalismeLa diversité au Canada

La majorité des Canadiens sont nés au pays, et il en est ainsi depuis les années 1800. Le Canada n’en est pas moins souvent qualifié de terre d’immigration : depuis 200 ans, des millions de nouveaux venus ont aidé à bâtir et à défendre le mode de vie canadien. Ses groupes ethniques les plus nombreux sont les Autochtones, les Chinois, les Hollandais, les Anglais, les Français, les Allemands, les Irlandais, les Italiens, les Scandinaves, les Écossais, les Sud-Asiatiques et les Ukrainiens.

L’Asie fournit l’essentiel de l’immigration depuis les années 1970. Bien des foyers canadiens parlent une langue non officielle à la maison : dans deux des plus grandes villes du pays, les langues chinoises arrivent au deuxième rang, derrière l’anglais — 13 % des habitants de Vancouver et 7 % de ceux de Toronto les emploient chez eux.

Une nette majorité de Canadiens se déclarent chrétiens : les catholiques forment le groupe le plus nombreux, devant les diverses Églises protestantes. Les effectifs juifs, musulmans, sikhs, hindous et ceux d’autres confessions progressent, tout comme le nombre de personnes déclarant « aucune religion ». L’État s’est de longue date associé aux communautés religieuses pour l’enseignement et les soins de santé, pour réinstaller des réfugiés, pour favoriser l’harmonie, le respect mutuel et le bien-être social, et pour préserver la liberté de conscience, la liberté de religion et l’expression religieuse.

La diversité canadienne englobe aussi les gais et les lesbiennes, qui jouissent de la pleine protection de la loi et d’un traitement égal devant elle, mariage civil compris. Réunis par une identité canadienne commune, ces groupes divers composent la société multiculturelle d’aujourd’hui.

DatesLes dates clés en un coup d’œil

1604

Des colons français, ancêtres des Acadiens, commencent à s’établir dans les Maritimes.

1755-1763

Le Grand Dérangement : plus des deux tiers des Acadiens sont déportés durant le conflit qui oppose la Grande-Bretagne à la France.

1763

La Proclamation royale du roi George III garantit pour la première fois les droits territoriaux des Autochtones.

Années 1800-1980

Le gouvernement fédéral fait fonctionner les pensionnats autochtones.

1867

Acte de l’Amérique du Nord britannique — origine de la formule « paix, ordre et bon gouvernement ».

1935-1940

John Buchan, lord Tweedsmuir, est gouverneur général.

Années 1970

Le terme Premières Nations entre dans l’usage ; l’Asie devient la principale source d’immigration.

2006

La Chambre des communes reconnaît aux Québécois la qualité de nation au sein d’un Canada uni.

2008

Ottawa présente des excuses officielles aux anciens élèves des pensionnats.

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